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	<title>Brunoh, écrivain et créatif</title>
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		<title>JOB STORY : Tir de conclusion</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 12:51:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>brunoh</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«- Je n’avais pas le choix, vous comprenez ? Pas le choix ! Au moment où je me suis réveillé, elle pointait un pistolet sur ma tempe. Avec ma propre main !
Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2012/01/pistolet.jpg"><img src="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2012/01/pistolet.jpg" alt="" title="pistolet" width="500" height="500" class="aligncenter size-full wp-image-989" /></a></p>
<p>«- Je n’avais pas le choix, vous comprenez ? Pas le choix ! Au moment où je me suis réveillé, elle pointait un pistolet sur ma tempe. Avec ma propre main !<br />
Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé. Une nuit, vous vous endormez sur votre bras. Il se vide de son sang, devient insensible. Au bout de quelques heures, vous ne pouvez même plus le bouger. Vous devez vous servir de l’autre main pour le reposer sur les draps, comme un membre mort. Vous expérimentez durant quelques secondes cette forme d’hémiplégie super angoissante. Puis le sang se remet à circuler. Des millions de fourmis redonnent vie à votre bras, puis à l’avant bras, avant que la main elle-même retrouve sa sensibilité. Sauf qu’au bout de ma main droite encore insensible se trouvait le pistolet. Et elle allait appuyer sur la détente ! Un mec se suicide dans son lit, à côté de son épouse. Vous auriez mené une enquête ? Impossible. Les faits sont là. Le type a actionné la gâchette avec son propre doigt, c’est indubitable, vous comprenez ? Je n’avais pas le choix. Ma main était encore insensible. Il me restait quelques dixièmes de seconde pour réagir&#8230;»</p>
<p>La femme flic me regardait attentivement. Elle ressemblait à une actrice de série B.<br />
Ni moche, ni belle, la trentaine fatiguée, un uniforme qui sentait la clope, les cheveux longs et attachés, de cette couleur indéfinissable oscillant entre le brun et l’auburn, des yeux clairs enfoncés dans leurs orbites, un nez droit, quelques taches de rousseur, une bouche joliment dessinée, un teint brouillé par les récentes nuits de garde.<br />
Une nana ordinaire dans un monde qui ne l’était plus. Un monde où une femme pouvait tuer son mari parce qu’il venait de perdre son emploi et que la prime de l’assurance vie devenait plus intéressante que l’être avec lequel elle avait partagé dix ans de son existence. </p>
<p>«- ça vous étonne ? &#8211; Visiblement, plus rien ne l’étonnait &#8211; Je suis au chômage depuis bientôt trois mois. Pas facile de retrouver un travail dans mon secteur, à ce niveau de rémunération. On n’aurait pas pu rester à Paris. Le loyer était trop cher. Et elle ne voulait pas partir en banlieue, encore moins en province ! Il y a deux semaines, elle avait fait changer les conditions de notre police d’assurance. Vous pouvez vérifier ! Avant, elle ne couvrait que les accidents et la maladie. Elle avait fait ajouter le suicide, au cas où. Tout ça parce que j’étais déprimé et sous médocs. Mais je n’ai jamais eu de pensées suicidaires, moi, Madame ! Elle avait tout prémédité. Je n’avais pas le choix&#8230; Ma main gauche a saisi le pistolet par réflexe. Je l’ai pointé vers elle et j’ai tiré. Rien qu’une fois. Pour sauver ma peau. En quelques semaines, j’ai perdu mon travail, ma femme et ma liberté. Je n’ai pas mérité ça !»</p>
<p>J’éclatai en sanglot. La femme flic me tendit un mouchoir. J’essayai d’atteindre mon nez, mais les menottes m’entravaient. Je n’avais pas l’habitude. Elle les ouvrit et me libéra les mains. L’agent de garde était sorti fumer dans la cour. Elle se pencha vers moi et murmura à mon oreille.<br />
«- En plaidant la légitime défense, vous n’aurez aucune chance. Vous avez tiré sur votre femme à bout portant. C’est tout ce que la justice retiendra. J’en ai connu, des connasses comme celle-là. Même mortes, elles vous pourrissent encore la vie. Je vais aller prendre un café au distributeur d’en face. Je laisse la porte ouverte. Vous avez trois minutes. Si vous êtes un peu démerdard, ça suffira.» Je ne pris pas le temps de réfléchir. </p>
<p>Deux minutes plus tard, je sautais dans un taxi, boulevard Malesherbes. Direction Roissy. La place dans l’avion était réservée, un passeport avec ma nouvelle identité m’attendait dans une consigne, ainsi que quelques affaires. Le reste ne serait que formalité. Je n’avais pas menti. Mon épouse avait fait changer &#8211; à ma demande &#8211; les conditions de notre assurance vie. La femme flic vérifierait. Elle aurait ainsi la certitude d’avoir agi dans le sens de la justice. La vraie, pas celle des hommes. La police d’assurance de ma femme, par contre, ne couvrait pas le suicide. Juste les accidents. Se faire tirer dessus faisait partie de la liste. Avec cet argent, j’aurais de quoi refaire ma vie ailleurs. Trouver un nouveau job. Et une autre femme.</p>
<p><em>Nouvelle parue dans le magazine &laquo;&nbsp;L&#8217;offre d&#8217;emploi&nbsp;&raquo; de février 2012</em></p>
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		<title>JOB STORY : Une terrible beauté est née</title>
		<link>http://www.brunoh.com/index.php/2011/12/31/job-story-une-terrible-beaute-est-nee/</link>
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		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 17:18:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>brunoh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Écrits]]></category>
		<category><![CDATA[JOB STORIES]]></category>
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		<description><![CDATA[<strong>Cette nouvelle, comportant précisément 2011 signes, a participé à la 11ème biennale de Lyon (du 15 septembre au 31 décembre 2011), dont le thème était : 
</strong><em>
<strong>Une terrible beauté est née</strong>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/12/CYBORG.jpg"><img src="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/12/CYBORG.jpg" alt="" title="CYBORG" width="500" height="500" class="aligncenter size-full wp-image-981" /></a></p>
<p><strong><em>Cette nouvelle, comportant précisément 2011 signes, a participé à la 11ème biennale de Lyon (du 15 septembre au 31 décembre 2011), dont le thème était :</em><br />
</strong></p>
<p><strong>Une terrible beauté est née</strong></p>
<p>Je déteste le mot <em>peau</em>.<br />
Il rappelle ce qui sue, ce qui sent (j’allais écrire « ce qui sang »).<br />
La peau fait penser à l’animal, elle évoque la fragilité d’une couverture putrescible, qui finira, tôt ou tard, par nourrir les vers.<br />
Comme j’aimerais l’échanger contre une carapace de métal, brillante, vernie, inaltérable !<br />
Les organes mous et vils pourraient se lover contre l’acier froid, certains seraient remplacés par leurs équivalents mécaniques, d’autres simplement connectés et nourris de fluides synthétiques.<br />
Plus d’ingestion, de digestion, d’excrétion… Juste la paisible certitude de l’infini.<br />
Débarrassée de l’emprise du temps, la beauté prendrait un caractère absolu, d’une pureté telle que le design d’êtres humains deviendrait le summum de la création artistique.<br />
La fonction ne créerait plus l’organe : c’est l’organe qui engendrerait la fonction.<br />
Les besoins matériels seraient remplacés par des désirs esthétiques…</p>
<p>La transition ne fut pas simple.<br />
Nous avions prévu plusieurs stades de développement.<br />
Le premier consistait à mettre en place le corpus idéologique : les vivants non conformes seraient éliminés.<br />
Le culte d’une beauté synthétique s’imposa en quelques décennies. Les rides, les fluides, les imperfections devinrent intolérables, y compris aux yeux des anciens beaux, qui se virent décatir avec désespoir.</p>
<p>Leurs descendants furent les premiers à vouloir expérimenter la <em>transition</em>.<br />
Il fallut éliminer ces millions de carcasses humaines, devenues inutiles.<br />
Les charniers furent déplacés dans des zones où les populations non conformes se terraient. Laisser pourrir sous leurs yeux les restes des <em>élus</em> symbolisa notre victoire. </p>
<p>Lorsque les premiers d’entre nous foulèrent des pieds cette planète, nous nous rendîmes compte que notre perfection ne pouvait souffrir la présence d’animaux recouverts de fourrure, sans parler de ces végétaux aux formes torturées.<br />
L’écrin n’était plus à la hauteur du bijou.<br />
Ce que nous avions pris pour un aboutissement n’était que le début d’une belle histoire…</p>
<p><em>Nouvelle parue dans le magazine &laquo;&nbsp;L&#8217;offre d&#8217;emploi&nbsp;&raquo; de janvier 2012</em></p>
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		<title>JOB STORY : Petit conte de Noël édifiant</title>
		<link>http://www.brunoh.com/index.php/2011/12/14/job-story-petit-conte-de-noel-edifiant/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 10:21:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>brunoh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Écrits]]></category>
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		<description><![CDATA[S’agitant dans la pièce telle une mouche prise au piège, Françoise redressa pour la dixième fois le même cadre, qui s’acharnait à pencher alternativement vers la droite ou vers la gauche.
Et ces fleurs dont les couleurs étaient trop criardes…
Décidément rien n’allait, et les premiers invités étaient attendus pour vingt heures…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/12/tongues1.jpg"><img src="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/12/tongues1.jpg" alt="" title="langues" width="500" height="500" class="size-full wp-image-974" /></a>
<p><strong>« La langue est la meilleure et la pire des choses » Ésope.</strong></p>
<p>S’agitant dans la pièce telle une mouche prise au piège, Françoise redressa pour la dixième fois le même cadre, qui s’acharnait à pencher alternativement vers la droite ou vers la gauche.<br />
Et ces fleurs dont les couleurs étaient trop criardes…<br />
Décidément rien n’allait, et les premiers invités étaient attendus pour vingt heures…</p>
<p>Françoise s’assit sur l’accoudoir du canapé, histoire de reprendre ses esprits.<br />
Voyons, le traiteur viendrait livrer d’ici une heure, ce qui lui laisserait le temps de se préparer… à moins qu’elle ne commence à se maquiller dès maintenant… Oui, mais si le livreur arrivait en avance, elle risquait de ne pas être disponible… Et ce téléphone, qui sonne toujours au plus mauvais moment… décroche, décroche pas ?<br />
Décroche ! </p>
<p>- Allô ?<br />
- Joyeux Noël mon enfant ! Je ne vous dérange pas trop j’espère…</p>
<p>Voix inconnue. Sûrement une erreur…</p>
<p>- Mais… qui est-ce ?<br />
- Enfin, voyons : le Père Noël bien sûr !</p>
<p>Bien sûr. Question stupide. Qui d’autre aurait pu téléphoner le soir du vingt-quatre décembre ?</p>
<p>- Ok, rappelez-moi après minuit : je serai ravie de discuter avec vous !</p>
<p>Françoise raccrocha en réprimant un sourire.<br />
Re-sonnerie. Le maniaque de Noël avait choisi sa victime. Pas de bol.</p>
<p>- Allô ?<br />
- Ce n’est pas gentil de raccrocher au nez du Père Noël…<br />
- Pas plus que d’ennuyer les gens un soir de réveillon avec une blague aussi nulle !<br />
- Vous ne croyez pas en moi ?…<br />
- Si bien sûr, depuis toute petite, mais je n’ai pas eu le temps de mettre mes souliers devant la cheminée, désolée !<br />
- Ce n’est pas grave mon enfant : les gens m’oublient souvent… Noël est devenu une fête commerciale, même les enfants ne croient plus en moi ! Pourtant je suis là pour essayer de rendre les gens heureux au moins une fois dans l’année, et c’est vous que j’ai choisie pour exaucer cette nuit votre vœu de Noël !<br />
- Écoutez ce n’est pas drôle : mes invités vont bientôt arriver et je ne suis pas prête !<br />
- Pourquoi craindre la magie de Noël ? Pourquoi n’essayez-vous pas de me croire un seul instant ?<br />
- Ok, je vous crois, je vous crois, maintenant il faut me laisser et me promettre de ne pas rappeler d’accord ? Bonne soirée à vous et joyeux Noël !<br />
- … N’oubliez-pas : je serai là ce soir pour exaucer votre vœu !</p>
<p>Re cling. Juste avant de raccrocher, le même rire que dans les films américains, celui de Santa Klauss : « Oh !  Oh !  Oh ! »<br />
Et dix minutes de perdues !</p>
<p>Françoise avait vu juste : le livreur arriva en avance, mais elle n’avait pas prévu qu’il serait accompagné de Jacques, débarquant une heure plus tôt que prévu.<br />
Vingt heures ! C’était pourtant marqué sur les invitations. Etait-ce de la distraction, de l’impolitesse ou une irrépressible envie de la déranger ? </p>
<p>Jacques était l’ex de Françoise. Obligée de l’inviter à cause des enfants. Pas de le supporter une heure de plus que les autres.<br />
Mais c’était déjà trop tard.<br />
S’installant dans le canapé (manquerait plus que lui vienne l’idée de proposer son aide), Jacques entama l’un de ses habituels monologues.<br />
Au sujet de la politique. Et de lui. Puis de la situation internationale. Et encore de lui. Un petit laïus sur la conjoncture économique. Et toujours lui, lui, lui !<br />
Cloîtrée dans la salle de bains, Françoise essayait d’une main tremblante de ne pas faire déborder son maquillage tout en suivant d’une oreille distraite la conversation de Jacques avec lui-même, ce dernier s’appliquant à présent à hurler derrière la porte pour qu’elle n’en perde pas une miette.</p>
<p>-  Bon sang mais qu’il se taise une bonne fois pour toutes !</p>
<p>C’était sorti tout seul. La pression, l’énervement…<br />
D’une redoutable efficacité en tout cas, puisque le silence était revenu.<br />
Françoise allait ouvrir pour s’excuser lorsqu’elle aperçut une tache. Un liquide épais, de couleur rouge foncé, se glissait sous la porte en s’élargissant.</p>
<p>Jacques se trouvait toujours dans le couloir ; il était désormais à genoux, la main droite appuyée contre le mur, la gauche cherchant désespérément quelque chose par terre.<br />
Il émettait de curieux gargouillis, tandis que le même liquide rouge foncé s’écoulait de sa bouche.<br />
Plus loin, sur le parquet, reposait un morceau de chair oblong qui ne lui servirait plus pour parler.<br />
Hurlement, comme dans les films d’horreur, avec en écho la sonnerie du téléphone. Françoise décrocha machinalement.</p>
<p>- Joyeux Noël mon enfant ! J’espère que votre cadeau vous a comblé…<br />
- Mais, il faut que vous lui rendiez sa langue… ce n’est pas du tout ce que je souhaitais… enfin, je veux dire, ce n’était pas sérieux… je n’aurais jamais pensé que…<br />
- Je sais : vous dites tous la même chose chaque année ! Vous refusez de croire aux miracles, vous bannissez à jamais vos rêves d’enfants mais vous ne vous gênez pas pour souhaiter des malheurs à votre prochain. Je suis désolé pour vous, encore plus pour votre ami, mais je m’occupe uniquement de la réalisation des vœux, pas du service après vente. Joyeux Noël quand même !</p>
<p>Toujours ce même bon gros rire, juste avant le déclic final, puis la tonalité, intermittente… et les invités qui vont bientôt arriver : finalement, si je préparais de la langue pour le dîner ?</p>
<p><em>Nouvelle écrite en 1989 &#8211; Parue dans le magazine &laquo;&nbsp;L&#8217;offre d&#8217;emploi&nbsp;&raquo; de décembre 2011</em></p>
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		<title>Une campagne de pub pour sauver la Grèce !</title>
		<link>http://www.brunoh.com/index.php/2011/11/07/une-campagne-de-pub-pour-sauver-la-grece/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 11:12:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>brunoh</dc:creator>
				<category><![CDATA[News]]></category>
		<category><![CDATA[brunoh]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
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		<description><![CDATA[Alors voilà : cette nuit, j'ai rêvé que je contribuais à sauver la Grèce du naufrage en créant une campagne de pub.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> Alors voilà : cette nuit, j&#8217;ai rêvé que je contribuais à sauver la Grèce du naufrage en créant une campagne de pub.<br />
Je suis parti de cette idée toute simple : si les peuples d&#8217;Europe se cotisaient, nous parviendrions à renflouer la dette grecque sans mettre ce pays à la merci des organismes financiers.</p>
<p>Puis je me suis dit : au nom de quoi les peuples se mobiliseraient-ils, après les campagnes de mépris et de calomnie dont ce pays a fait l&#8217;objet, à commencer par l&#8217;attitude abjecte du tandem &laquo;&nbsp;merkozy&nbsp;&raquo; ?<br />
La réponse m&#8217;a semblé évidente : tout ce qui fonde notre identité européenne a été inventé dans ce pays, la démocratie, la philosophie, sans oublier la cartographie, la géographie et les mathématiques ! </p>
<p>Du coup, j&#8217;ai imaginé cette campagne qui amène un véritable sujet de réflexion :<br />
- Si cette main qui semble mendier était celle de Platon, de Zénon ou de Démocrite, comment réagirions-nous ?<br />
La réponse : la Grèce a contribué, il y a des millénaires, à construire les hommes que nous sommes devenus. Cette dette que nous avons contractée à travers les siècles, il serait peut être temps de la rembourser plutôt que de juger, de condamner et d&#8217;attendre que les marchés financiers provoquent, à grands coups de spéculation, la chute successive des pays européens et de leur identité.</p>
<p>Je vous laisse juger du résultat ci-dessous, n&#8217;hésitez pas à me faire part de vos commentaires.<br />
J&#8217;envoie aujourd&#8217;hui même cette proposition à l&#8217;ambassade de Grèce en France, en espérant &#8211; qui sait &#8211; initier ainsi un mouvement positif&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/11/grece01.jpg"><img src="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/11/grece01-724x1024.jpg" alt="" title="grece01" width="550" height="778" class="aligncenter size-large wp-image-967" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>JOB STORY : Révolution 2.0</title>
		<link>http://www.brunoh.com/index.php/2011/11/01/job-story-revolution-2-0/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 07:42:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>brunoh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Écrits]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[«- Tu crois qu’elle va tenir le coup ?»
Adrien était inquiet. La Clio que nous avions empruntée datait du début du siècle. Elle affichait plus de cinq cent mille kilomètres au compteur.
Chaque secousse ressentie en franchissant les routes à l’abandon du réseau secondaire nous faisait craindre le spasme terminal, celui qui ferait s’éteindre pour toujours la flamme qui animait encore le moteur à combustion interne de l’antique Renault...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/11/revolution02.jpg"><img src="http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2011/11/revolution02.jpg" alt="" title="revolution02" width="500" height="500" class="aligncenter size-full wp-image-963" /></a></p>
<p>«- Tu crois qu’elle va tenir le coup ?»<br />
Adrien était inquiet. La Clio que nous avions empruntée datait du début du siècle. Elle affichait plus de cinq cent mille kilomètres au compteur.<br />
Chaque secousse ressentie en franchissant les routes à l’abandon du réseau secondaire nous faisait craindre le spasme terminal, celui qui ferait s’éteindre pour toujours la flamme qui animait encore le moteur à combustion interne de l’antique Renault.</p>
<p>Se déplacer à bord d’un modèle non électrique et sans électronique embarquée était le seul moyen de respecter le second point de la Charte de Libération : «Il est interdit aux membres d’utiliser un moyen de locomotion ou un système de communication relié &#8211; directement ou indirectement &#8211; au Réseau». Cette notion de lien «direct ou indirect» avait fait l’objet de nombreuses discussions. Le Réseau était partout. Il avait fallu construire une société parallèle, dont le mode de fonctionnement ressemblait trait pour trait à celui des résistants de la seconde guerre mondiale. Près d’un siècle après la mort de Jean Moulin, les membres se recrutaient toujours par affiliation. Les messages transitaient d’homme à homme et uniquement par courrier papier. Les lieux de rendez-vous étaient codés. Ils pouvaient être modifiés au dernier moment. Personne ne possédait de téléphone mobile, ni de carte de crédit ou d’ordinateur. Les seuls éléments faisant appel à la technologie étaient les détecteurs de puces RFID, qui permettaient de scanner chaque membre avant une réunion, ainsi que les masques dermiques : ils modifiaient les traits de leurs détenteurs afin que ceux-ci ne puissent être identifiée par les caméras de surveillance. Celui d’Adrien lui donnait de faux airs de Jean Gabin. Le mien ne me conférait aucune ressemblance précise, mais il brouillait suffisamment les traits de mon visage pour que je ne sois pas reconnu : c’était l’essentiel.<br />
Les points de rencontres se situaient toujours en milieu rural. Souvent, nous bénéficiions du soutien des populations locales, qui avaient, elles aussi, souffert de la Grande Dépression.</p>
<p>L’histoire officielle s’était arrêtée en 2012, suite à la répression sanglante des mouvements de protestation. La nôtre avait débuté l’année suivante. Le déclencheur avait été la crise financière de 2008, à la suite de laquelle la majeure partie de la population mondiale s’était retrouvée sans travail et sans revenus. Les médias et les politiciens avaient menti durant quatre ans, pendant que les marchés financiers faisaient le nécessaire pour mettre à l’abri leurs capitaux.<br />
En juin 2012, les mouvements de protestation &#8211; qui avaient commencé de façon sporadique dès 2011 &#8211; se transformèrent en une révolte mondiale structurée. Les groupes s’étaient multipliés, sur Facebook et ailleurs : le monde capitaliste semblait sur le point de vaciller. Personne n’imaginait le retour de manivelle. En l’espace de neuf mois, la plupart des gouvernements de la planète furent destitués par les puissances financières qui les manipulaient depuis des années. La reprise en main fut rapide et violente. Facebook fut racheté à grands coups de milliards au Traitre Zuckerberg. Les marchés transformèrent ce réseau social en milice destinée à traquer les révoltés. Ceux qui ne furent pas massacrés furent emprisonnés à vie. Les médias, les idéologues et les opportunistes furent rééduqués. On instaura un salaire d’existence qui permettait à la population soumise de se nourrir et de se loger, en échange de la détention d’un compte Facebook, sur lequel il y avait obligation de livrer l’ensemble de son existence. La géolocalisation tua dans l’oeuf la moindre tentative de révolte. Le prix à payer pour acheter la paix sociale fut élevé, mais il permit une reprise en main totale par l’oligarchie des deux cents familles, qui n’avaient plus besoin de se cacher pour profiter de leur fortune.</p>
<p>Lors de la Grande Rafle de 2012, je me trouvais par hasard dans ma maison de campagne, isolée au coeur du Poitou. Je supprimai aussitôt mon compte Facebook, éteignis mon ordinateur et jetai mon portable. Ils ne me trouvèrent pas. Je parvins à survivre en cultivant des légumes, jusqu’au jour où je reçus la visite d’Adrien. Il se déplaçait dans une vieille fourgonnette à l’intérieur de laquelle il avait aménagé une imprimerie clandestine. Parcourant le pays par les petites routes, il était parvenu à structurer un premier groupement parallèle. Il avait entendu parler de mon rôle d’activiste et me proposa de le rejoindre. Ensemble, nous fondâmes la section française du Mouvement de Libération des Peuples. Je contribuai à la rédaction de la Charte, véritable guide à destination de ceux qui prétendaient survivre et lutter.<br />
Nos journaux clandestins n’existaient qu’en version papier. Nous avions décidé d’utiliser la principale faiblesse de la société numérique pour reconquérir notre liberté.<br />
Officiellement, nous n’existions pas. Mais demain, les principaux serveurs alimentant le Réseau Mondial seraient détruits. La société allait verser dans le chaos. Cela nous laisserait le temps d’éliminer les puissances financières qui avaient mis ce monde sous leur joug durant plus de vingt ans. Elles étaient d’ores et déjà infiltrées. Ensuite, il faudrait tout réorganiser.</p>
<p>Ce que nous ferions du pouvoir ? Je repensais au général De Gaulle, en 1946, obligé de composer avec les communistes pour gouverner. Je me dis que la France de 2034 ressemblerait beaucoup à celle d’il y a un siècle. À mes côtés, malgré le bruit tonitruant du moteur, Adrien s’était endormi. Si la Clio ne tombait pas en rade, nous serions au rendez-vous avec l’Histoire.</p>
<p><em>Nouvelle parue dans le magazine &laquo;&nbsp;L&#8217;offre d&#8217;emploi&nbsp;&raquo; de novembre 2011</em></p>
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